mardi 24 mai 2011

Le dit du maître.

Les anciens sages, directement de la lignée de sombres et interdits Agoris, pratiquant d'obscures rites enseigaient qu'il n'y a qu'en se roulant dans la boue, dans un monde hylique et pervers que l'on pouvait voir luire le soleil, lumière rédemptrice.

Je me jetais à corps perdu en ce temps là dans les purifications les plus austères. Je lavais mon corps à l'eau froide, priant les dieux anciens et éternels de me faire parvenir à la sainteté. Mais sur mon chemin nombre de perversités encombraient mon esprit de par leur agression.

Je ne sus jamais comment parvenir à la Paix tant désirée. Je ne sus jamais comment obtenir la félicité.

Alors par un matin, sous l'averse matinale, trempé jusqu'aux os je décidais de rencontrer le saint homme, ascète de feu, maître de l'air et dompteur de lions.

Il me jeta la face la première sur le sol et ria face à moi, à genoux je le suppliais de me prendre comme disicple mais il riait encore. Je fus vexé au plus profond de mon être et lui demandait avec rage qu'elle était la raison de son rire.

Il ne parlait jamais et me se levant de sa position en lotus il me défia de la battre en combat singulier par un geste prompt et violent.

Les Agoris, ses disciples arrivèrent pour voir le spectacle.

Très bien me dis je, je vais rouer de coup cet homme qui se dit sage et je vais lui faire avaler la poussière.

Je lui fonçais dessus avec rage et criant tel un guerrier courant vers son ennemi pour le terrasser. Mais il évitait tous mes coups avec souplesse puis me saisit le bras et de sa force il me mit encore à terre en disant : sombre fou, ne vois tu pas que dans cette rage que tu déploie avec tant de haine envers moi tu ne peut ni me toucher ni même me terrasser, mange donc encore de cette poussière et ainsi plus bas que la terre que tu auras mangé tu verras peut être briller l'astre solaire.

Il me jeta dans une flaque de boue d'où je ressortis recouvert de terre des pieds à la tête.

Voilà ton linceul, me dit il. Et maintenant regarde au ciel.

Le soleil était déjà levé mais désormais sa lumière dorait les contours des arbres et illuminait l'horizon.

Es tu digne de voir la lumière redemptrice, me questionna t'il.
Es tu digne de te décrotter de la terre, toi innocent enfant encore perdu dans ce monde.
Touche du doigt le sol de l'enfer et seulement tu auras assez d'espoir de vouloir voir celui qui brille au centre de notre univers.

Aux âmes qui se sont données en pature à la misère la plus effrayante et la plus calculatrice.

Aux âmes perdues et noyées dans l'essence même de la souffrance éternelle et infernale.

Aux âmes perdues, jamais retrouvées, ni même souffrantes de tant de solitude.

Je guide vos pas dans l'obscurité, je compte le nombre de la foule, je tiens le bâton.

Une larme vint couler de mon oeil, et sous le regard du maître je ne pus qu'abdiquer face à sa sagesse.

Après cela je compris la force de ses actes, leurs réels signification.

Le bougre de mâitre humiliait ses disciples pour mieux endurcir leur coeur, il les trainait dans la boue pour qu'ils voient le soleil...

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